Arrêté de catastrophe naturelle du 13 mars 2026 dans les Alpes Maritimes
Mise à jour du 19/03/2026
L’arrêté du 13 mars 2026 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle (NOR : INTE2606207A) a été publié au Journal officiel le 18 mars 2026 (JORF n°0066).
Cet arrêté concerne directement le département des Alpes-Maritimes (06) : 3 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle tandis que 4 autres ont vu leur demande rejetée.
Les Alpes-Maritimes sont un département particulièrement exposé aux risques naturels. Son relief escarpé entre mer et montagne, la densité de son urbanisation littorale et la violence des épisodes pluvieux méditerranéens en font un territoire régulièrement touché par les inondations et les mouvements de terrain. On se souvient notamment de la tempête Alex en octobre 2020, qui avait dévasté les vallées de la Roya, de la Vésubie et de la Tinée, causant des dégâts considérables et la disparition de plusieurs personnes. Plus récemment, les épisodes pluvieux intenses de l’hiver 2025-2026 ont rappelé la vulnérabilité du département.
Pour les propriétaires concernés, cette reconnaissance ouvre des droits en matière d’indemnisation par les assurances. Le délai pour déclarer un sinistre est de 30 jours à compter de la publication au Journal officiel, soit jusqu’au 17 avril 2026. Une déclaration tardive reste envisageable sous condition.
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Communes des Alpes-Maritimes reconnues en état de catastrophe naturelle
Antibes : Inondations et coulées de boue
La commune d’Antibes a été reconnue pour 2 épisodes distincts d’inondations et coulées de boue :
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Du 27 au 28 janvier 2026 : les cumuls de précipitations ont présenté une période de retour supérieure à 10 ans.
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Du 3 au 4 février 2026 : là encore, les cumuls de précipitations ont dépassé le seuil décennal.
Concrètement, cela signifie que les pluies tombées sur Antibes lors de ces deux épisodes étaient d’une intensité que l’on n’observe statistiquement qu’une fois tous les dix ans ou plus. Ce caractère exceptionnel justifie la reconnaissance.
Vallauris : Inondations et coulées de boue
Vallauris a été reconnue pour l’épisode du 27 au 28 janvier 2026, le même qui a frappé Antibes. Les précipitations exceptionnelles ont provoqué des inondations et des coulées de boue sur la commune. La période de retour est également supérieure à 10 ans.
Colomars : Mouvement de terrain
Colomars a été reconnue pour un mouvement de terrain (hors sécheresse géotechnique) survenu du 30 mars au 1er avril 2024. L’expertise a établi que ce mouvement de terrain est d’origine naturelle et a été déclenché par des cumuls de précipitations présentant une période de retour supérieure à 10 ans.
Communes des Alpes-Maritimes dont la demande a été rejetée
Plusieurs communes du département ont vu leur demande de reconnaissance refusée. Elles sont en annexe 2 de l’arrêté de catastrophe naturelle. Il est important de le mentionner car les propriétaires de ces communes ne pourront pas bénéficier du régime d’indemnisation Cat Nat au titre de cet arrêté.
Antibes : Inondations par choc mécanique des vagues (rejet)
Si Antibes a été reconnue pour les inondations et coulées de boue, la commune a en revanche été refusée pour les inondations par choc mécanique des vagues, sur deux périodes :
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Du 24 au 28 janvier 2026
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Du 3 au 6 février 2026
Motif : l’intensité anormale du phénomène n’a pas été caractérisée au regard de la situation météorologique, de l’amplitude de la houle et du niveau marin.
Colomars : Mouvement de terrain du 4-5 septembre 2024 (rejet)
Colomars a été reconnue pour l’épisode de mars-avril 2024, mais refusée pour un second épisode survenu les 4 et 5 septembre 2024. Motif : les désordres constatés n’ont pas été provoqués par un mouvement de terrain naturel mais résultent de l’effondrement d’un ouvrage anthropique aux caractéristiques inadaptées. Autrement dit, les dégâts sont liés à un défaut de construction, pas à un phénomène naturel.
L’Escarène : Mouvement de terrain (rejet)
La commune de L’Escarène a demandé la reconnaissance pour un mouvement de terrain survenu les 16 et 17 avril 2025. La demande a été rejetée pour le même motif que Colomars : les désordres résultent de l’effondrement d’un ouvrage anthropique inadapté, et non d’un phénomène naturel.
La Gaude : Mouvement de terrain (rejet)
La Gaude a sollicité la reconnaissance pour un mouvement de terrain du 16 novembre 2025. Le mouvement de terrain a bien été reconnu comme étant d’origine naturelle, mais il ne présente pas une intensité anormale : absence de facteurs de déclenchement météorologiques anormaux, quantité de matériaux mobilisés modérée, absence de risques d’évolution anormaux.
Quelles conséquences pour votre maison ?
Si vous êtes à Antibes ou Vallauris (inondations)
Les inondations et coulées de boue de janvier-février 2026 peuvent avoir provoqué des dommages qui ne sont pas toujours visibles immédiatement :
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Humidité résiduelle dans les murs et les planchers : l’eau qui a pénétré dans les structures peut mettre des semaines à sécher et favoriser l’apparition de moisissures.
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Infiltrations : les montées d’eau peuvent avoir fragilisé les joints, les enduits de façade ou les menuiseries.
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Dégradation des réseaux enterrés : canalisations, gaines électriques, fosses septiques.
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Affouillements sous les fondations : les coulées de boue et le ruissellement intense peuvent avoir érodé le sol autour des fondations.
Si vous êtes à Colomars (mouvement de terrain)
Un mouvement de terrain peut engendrer des désordres structurels importants :
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Fissures sur les murs porteurs et les façades : elles peuvent être le signe d’un déplacement des fondations.
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Déformation des ouvertures : portes et fenêtres qui ne ferment plus correctement.
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Instabilité du terrain d’assise : le sol sur lequel repose votre maison peut avoir bougé, ce qui nécessite un diagnostic géotechnique.
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Décollements de dallage ou affaissements localisés.
Dans tous les cas, il est recommandé de faire constater les désordres par un professionnel et de documenter les dommages (photos, vidéos, relevés).
Nous vous recommandons de recourir à une expertise bâtiment indépendante de l’assureur. On parle aussi d’une expertise d’assurés.
Assurance et indemnisation : que faire maintenant ?
Le délai de déclaration
Vous disposez de 30 jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel pour déclarer votre sinistre auprès de votre assureur. La publication ayant eu lieu le 18 mars 2026, la date limite est le 17 avril 2026.
Une déclaration tardive reste possible, mais elle peut compliquer la procédure et donner lieu à des discussions avec l’assureur. Ne tardez pas.
L’importance des faits et des preuves techniques
Pour que votre dossier soit solide, rassemblez dès maintenant :
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Des photos et vidéos des dommages, datées si possible.
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Les factures de réparations d’urgence que vous avez déjà engagées.
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Tout rapport ou constat réalisé par un professionnel (géotechnicien ou expert d’assurés).
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Les témoignages de voisins si d’autres habitations sont touchées.
Faire appel à un expert d’assurés
Après votre déclaration, votre assureur mandatera un expert pour évaluer les dommages. Cet expert travaille pour la compagnie d’assurance. Même s’il vous apportera un avis, il n’est pas missionné pour vous conseiller sur l’ensemble des problématiques techniques rencontrées notamment celles qui vont au delà de votre sinistre. Si vous estimez que l’évaluation ne reflète pas la réalité des dégâts, vous pouvez faire appel à un expert d’assurés. Ce professionnel indépendant vous accompagne dans la défense de vos intérêts et veille à ce que l’indemnisation corresponde aux dommages réels. C’est un droit que tout assuré peut exercer.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon habitation est couverte par cet arrêté de catastrophe naturelle ?
Votre habitation est concernée si elle se situe sur le territoire d’une commune reconnue (Antibes, Vallauris ou Colomars) et si les dommages que vous constatez sont directement liés au phénomène naturel visé par l’arrêté (inondations pour Antibes et Vallauris, mouvement de terrain pour Colomars) et qu’ils sont survenus pendant la période de reconnaissance indiquée. En cas de doute, contactez votre assureur en lui communiquant la référence de l’arrêté (NOR : INTE2606207A).
Ma commune (L’Escarène, La Gaude) a été refusée : ai-je un recours ?
Oui. La commune peut contester la décision devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois à compter de la notification. Les autres personnes intéressées (propriétaires, etc.) disposent du même délai de 2 mois à compter de la publication de l’arrêté, soit jusqu’au 18 mai 2026. Vous pouvez également solliciter les documents préparatoires (rapports d’expertise) auprès de la préfecture des Alpes-Maritimes ou via la plateforme iCatNat.
Après une inondation à Antibes, quels sont les premiers réflexes pour protéger ma maison ?
Avant toute chose, ne jetez rien sans avoir au préalable documenté et photographié les dommages. Aérez les pièces touchées pour limiter l’humidité. Faites vérifier l’installation électrique par un professionnel avant de la remettre en service. Si vous constatez des fissures ou des déformations de la structure, ne restez pas dans le bâtiment sans avis technique. Déclarez le sinistre à votre assureur sans attendre et conservez toutes les preuves.